Depuis quelques temps j’aime graviter dans les rues parisiennes pour observer ce que devient ma ville. Le constat qui me rend le plus triste, (et très souvent!) c’est que nous n’avons jamais eu tant d’outils à mettre en œuvre pour rendre le monde plus beau, et l’humanité plus forte, et qu’en conclusion nous faisons l’inverse en grande majorité. Une génération d’abrutis.
Bien sure, mon manque de culture me console, et je me dis que je n’ai pas connaissance d’un dixième des inventions merveilleuses qui germe chaque matin dans l’esprit de chacun d’entres nous à travers le monde.
Mon constat n’est pas celui de quelqu’un de cultivé. Il est plutôt emprunt de pragmatisme.
Quand je sillonne Paris je suis en colère.
Assise au pied de la cathédrale Saint louis, je suis émerveillée en imaginant tous ces hommes et femmes qui il y a 500 ans ont donné leur vie pour nous léguer ce patrimoine magnifique. Quelle beauté, quelle grandeur, quelle extase universelle trouve-t-on dans ce monument si incroyable ! La finesse du travail de chacun de ses hommes qui prenaient le temps de réaliser l’œuvre d’une vie, léguant aux générations futures une source de richesse incommensurable et aux mille dimensions. Spiritualité, hégémonie, beauté, exploit, grandeur. Tout était plus difficile à cette époque. Se nourrir, se chauffer, élever des enfants, se déplacer, exister. Tout était plus difficile pour ses tailleurs de pierre, ces sculpteurs, ces architectes. Pas d’outils aussi sophistiqués que nous les connaissons aujourd’hui. Pas de camions, pas de mécanique au service de l’homme.
Alors quand en quittant l’île Saint Louis, quand en retournant chez moi à Clichy, je croise sur mon chemin ces horreurs de bétons, d’acier dans lequel s’entasse la misère et l’ennui de centaines de personnes qui ne savent pas quoi faire de leur dix doigts, je pleure.
Ses emmeubles sans charme, sans confort, batis sans amour et à grande vitesse, je me demande comment on a pu les laisser construire. Oh, je sais. On va me dire qu'ils sont necessaires. Il faut bien parquer quelques part toutes ses familles... oui, surement. Mais pourquoi n'y a t-il pas de place pour la beauté, le durable, le plus humain? Architectes de HLM, vos délais de livraison vous rendent pathétiques. Promoteurs, votre soif du gain vous rend inhumains. Au moyen âge, avec deux bras et un couteau, on faisait des beautés que votre talent ne saurait effleurer. Franchement, vous ne pourriez pas faire un effort?
Cette époque dans laquelle je vis, j’ai conscience qu’elle n’est pas si belle que toutes ses publicités veulent bien nous le faire croire. Dans notre société occidentale nous courrons après le poison qui nous tuera, l’argent.
Nous ne croyons plus en grand-chose, même la véritable beauté nous échappe. Je le vois bien. Que laisserons nous à nos enfants? Des murs de bétons, une nature de goudron, le laid partout...